Le concept de câble
En 2000, le juge en chef du championnat mondial de téléski met en lumière ce qui
définit la pratique de plus en plus populaire qu’est le téléski par rapport aux autres
sports nautiques.
Par Vern Oberg
En 2000, avant de me rendre au championnat mondial junior d’Agrinio, en Grèce, j’ai
réussi à faire un bref séjour au championnat mondial de téléski à Piestany, en Slovakie.
Vous connaissez? On atterrit à Vienne, en Autriche, puis on roule deux heures vers une
petite ville reculée qui compte 25 000 habitants, reconnue dans le monde entier pour
son parc de téléski, son spa santé, et aussi ses bonnes tavernes, qui font tous trois sa fierté!
Je n’avais jamais assisté à une compétition de téléski, alors j’étais entièrement
surqualifié pour un juge en chef… titre que j’avais! Néanmoins, ce fut une expérience
mémorable! Le téléski est un sport amusant, bien que les concurrents ne sont pas moins
qualifiés que les skieurs nautiques traditionnels : leur adresse est déconcertante,
c’est le moins qu’on puisse dire.
Imaginez un remonte-pente fixé à une surface plane au bord de l’eau. Au lieu de cette
barre en forme de « T », il y a bien sûr la corde. Le circuit prend généralement la forme
d’un pentagone pas très différent de la forme du marbre au baseball, bien qu’on m’ait dit
que certains parcours soient rectangulaires. La corde de traction est supendue à environ
quatre mètres au-dessus de la surface, des poulies servent à en changer la direction, puis
cet assemblage est dirigé par un moteur électrique de soixante chevaux moteur. Grâce à un
ensemble de dispositifs, la corde passe par la poulie d’entraînement et elle se branche
ou se débranche des « transporteurs ».
Si les figures et les sauts ressemblent un peu à ceux exécutés par les skieurs nautiques
et les planchistes, le slalom, lui, constitue une épreuve complètement différente. On est
là à se battre non seulement contre le premier tour du parcours, mais contre une corde
tendue : si on ne la tient pas solidement, on est cuit, puis on se dit à soi-même : Je me
suis battu contre la corde, mais c’est elle qui a gagné!
Les figures sont difficiles à amorcer en raison de l’absence de sillage : ce qui semble
être une vague de surface peut être une vague de sillage, que j’appelle « tic tac ». Le
meilleur concurrent aux épreuves de figures a obtenu 9600 points. Cet athlète du Bélarus
s’entraîne dans une piscine!
En saut, les athlètes sautent vraiment très tard. Rappelons-nous que la corde se tend!
Les athlètes attendent pour se rendre si loin qu’ils se trouvent tournés vers l’arrière
quand passe le transporteur. Ensuite, ils retombent, et du fait qu’ils se soient rendus
loin en aval, la poulie suivante dans le parcours se trouve juste au-dessus d’eux. Ils
doivent attendre, dans la posture du skieur, que la corde passe par cette poulie, et ils
peuvent relâcher la poignée parce qu’ils ne peuvent en aucun cas prendre le tour suivant.
Certaines précisions à venir vous permettront de mieux comprendre.
Britta Llewellyn était une adepte des figures et du saut. En saut, elle a brisé le
record mondial du téléski et est devenue la championne mondiale de la grande équipe
autrichienne. Cependant, leurs exploits ne pourraient pas surpasser la forte équipe
du Bélarus qui s’entraîne tous les jours de l’année dans une piscine, rien de moins!
Lorqu’on a été skieur traditionnel, comme moi, le téléski devient une expérience
nouvelle et stimulante. Tout d’abord, cette activité n’est pas bruyante, mais se
résume à un sifflement continu de la corde qui se déroule et la force brute des
skieurs qui défilent d’une bouée à l’autre ou qui se dirigent droit vers le tremplin.
Parlant de saut, j’en ai eu des frissons lorsque j’ai assisté à cette épreuve. Imaginons
cette épreuve, exécutée en silence, à laquelle on assisterait à bord d’un bateau à
moteur de 320 chevaux moteur pour ski nautique qui rugit au passage du skieur qui fonce
vers le tremplin! J’étais vraiment mêlé lorsque le sauteur est tombé et qu’il a commencé
à nager vers le rivage. J’ai vu le skieur suivant arriver et j’ai paniqué parce que je
croyais que l’autre skieur ferait obstacle au passage du bateau. Allô! Vern! aucun bateau
n’est utilisé dans cette épreuve!!!
|